Nous avions écrit ce poste avant la secousse ressentie vendredi après midi à Tokyo. Preuve que toutes ces mesures de prévention et précautions ne sont pas totalement inutiles.
Une boite en carton avec eau, gants, nourriture sèche longue conservation (5 ans), serviette coupe feu, couverture de survie, chaufferette, désinfectant, un sifflet, du gel anti-bactérien et masques filtrants.

Le casque est suspendu sous le bureau de chaque employé et la boîte blanche au même endroit (tiroir du bas, non fermé à clé) pour tout le monde.
A la maison, nous allons constituer un kit équivalent, avec une grande quantité d'eau en bouteille.
A propos de la secousse de vendredi, comme la presse l'a relayé, ces quelques mots pour vous rassurer ou vous informer.
Daphné et les filles étaient à la maison. Daphné a bien senti ce qu'elle décrit comme un roulis de l'immeuble, d'une bonne minute, pendant laquelle les bibelots ou les verres à touche touche sonnaient un peu. Les filles ne se sont rendues compte de rien du tout ! Daphné en a profité pour expliquer à Colombe que si la maitresse disait à l'école de se mettre sous la table, il fallait bien obéir. Colombe a répondu qu'un monsieur était déjà venu dans la classe pour expliquer tout ça.
De mon côté, j'étais loin de mon casque, parce que j'étais à Chiba, en banlieue est de Tokyo pour une réunion régionale dans des locaux de Kao avec une trentaine de personnes. Cela s'est passé de la manière suivante : le téléphone portable d'une bonne moitié des collègues s'est mis a émettre au même moment une sonnerie très spécifique, en pleine réunion. Un peu comme un sonar. L'interprète et mon voisin me disent "earthquake is coming". Tout le monde reste calme et assis, pas grand chose à faire. En effet, une vingtaine de secondes plus tard, l'immeuble commence à tanguer, de manière irrégulière et croissante. Chacun se regarde en essayant de juger et jauger l'importance de la secousse du jour..."3, 4, 5"... (ils sont forts, la bonne réponse était 4 pour la région de Tokyo). Un verre plein à ras bord sur la table aurait débordé, mais n'aurait pas bougé au point de se renverser par exemple. Certaines personnes tenaient le bord de leur table, la tête baissée pour pouvoir se mettre plus rapidement sous la table si c'était nécessaire. Cela a duré 1min 20, c'était long selon les collègues, suffisamment long pour que le préposé (celui qui a reçu la formation avancé) du bureau régional fasse ce qu'il faut faire dans ces moments là : ouvrir une porte pour réserver une issue de secours et sécuriser la pièce pour les chutes éventuelles d'objets (une enceinte sur un trépied a été allongée car elle aurait pu tomber)...et puis decrescendo cela disparait. Dans la minute, la réunion avait repris et j'avais un message de Daphné disant que tout était OK. L'inertie aidant, l'immeuble a tangué pendant un bon moment après la fin des secousses. J'ai été une fois de plus impressionné, mais plus tellement surpris, par le calme, l'organisation et la résilience des Japonais présents dans la pièce. Cela fait partie de leur vie, ils l'ont intégré. Honnêtement, et je ne dis pas ça pour vous rassurer, c'est bien sur impressionnant, mais pas effrayant.
Les bâtiments que nous fréquentons (école, bureau, maison) sont très récents. Le quartier dans lequel nous vivons est l'un des moins sujet aux secousses ressenties car construit sur de la roche et légèrement surélevé.
On va juste faire attention à ne pas se prendre une poupée russe sur la tête si ça re-bouge un jour.
L'ambassade organise la semaine prochaine un séminaire pour avoir les bons gestes et les bonnes actions/réactions, avec je crois un passage en simulateur. Nous y assisterons.

