samedi 20 septembre 2014

Only in Japan #53

C'est du propre !
Les passants ont du me prendre pour un dérangé ce matin quand je prenais en photos toutes les poubelles de la rue entre la maison et le métro.
Je leur aurais répondu que pour nos yeux d'étrangers, c'est un choc. Un choc positif.

Nous avons déja raconté le sérieux et le détail avec lequel les japonais trient leurs déchets en suivant à la lettre les instructions rassemblées dans un feuillet épais comme la pléiade. 

Le voir en photo, c'est autre chose.

Vendredi, c'est bouteilles, plastiques, cartons et papiers. Un bonheur à voir.
C'est tout propre ! Les bouteilles en plastique sont vidées, sèchées, souvent des-étiquettées, rassemblées dans un filet. Les cartons sont aplatis, dépliés, ficelés par petits paquets, idem pour les journaux et magazines. Les cannettes sont dans des caisses, à part.







La magie, c'est que tout le monde joue le jeu. Les photos ne sont pas triées sur le volet. C'est très japonais. Cela vient de la crainte du regard du voisin si on ne fait pas comme il faut, la crainte de perdre la face, d'être montré du doigt, de l'envie de ne pas sortir de la bonne norme. C'est un cercle vertueux dans lequel chacun tire le voisin vers le haut.
Dans le cas du civisme et du tri des déchets, on ne peut que se féliciter de cette pression vers l'uniformité. Personne ne se défile.

Ceci dit, le proverbe japonais "le clou qui dépasse appelle le marteau" (si tu sors du rang, tu seras mis en place tout de suite) exprime bien cette caractéristique à double tranchant de la société japonaise. Un respect aigu de la discipline mais en aussi un frein à la créativité, à l'expression de la richesse individuelle et de la différence de chacun par rapport au groupe.

Nous le sentons au travail. Les voix dissonantes dans les réunions sont rarissimes, au Japon, on fait comme le groupe, comme la majorité.

On ne peut pas tout avoir. En tout cas, nous avons des poubelles propres (et beaucoup de boulot pour arriver au standard de nos voisins). Il faut dire pour être complet que la gentille dame qui s'occupe des parties communes de notre immeuble nous donne un sacré coup de main pour ne pas être "le clou qui dépasse".