mercredi 18 juin 2014

Only in Japan #47

Coupe du Monde toujours. Mais là, c'est moins reluisant pour nos amis que l'article précédent louant leur comportement impeccable. Ce qui suit est pourtant tout aussi révélateur d'une autre réalité de la societé japonaise.

L'arbitre, M. Nishimura est sous le feu de la critique depuis sa prestation très discutable lors du match d'ouverture Brésil-Croatie. On accuse notamment ce Japonais de ne pas savoir parler anglais. C'est très génant pour un arbitre de top niveau mondial.



Afterward, Croatian defender Vedran Corluka complained to reporters that Mr. Nishimura didn’t speak English when Corluka approached him during the game. It was “embarrassing that the referee didn’t speak English, he was speaking Japanese,” Corluka said, adding that it was “really difficult to communicate with him.”

La fédération japonaise balaie ces critiques d'un revers de main en disant que l'arbitre a participé à des séminaires de formation d'arbitrage en anglais et que donc il doit comprendre l'anglais. Raisonnement qui ne fonctionne pas et échappatoire un peu facile....

Pour avoir envoyé des Japonais à des séminaires en anglais, je peux vous dire que ca ne veut en AUCUN CAS dire qu'ils sont capables de communiquer en anglais.

Nous en avons deja parlé ici, le niveau d'anglais au Japon est incroyablement faible pour un pays aussi développé. Les scores des élèves japonais aux tests standardisés (TOEFL, TOEIC) sont parmi les pires de la zone Asie, au niveau du Kyrghistan. Là aussi, cela vient du mode d'enseignement, très scolaire, basé sur le par coeur et les QCM et ne favorisant pas du tout la prise de parole et la discussion. Plus inquiétant encore, le niveau tend à baisser avec le temps. C'est à dire que les jeunes diplômés parlent moins bien que leur parents au même âge...

Deux choses pour illustrer cela:
- Je viens d'accueillir dans mon équipe un jeune de 29 ans issu d'une des meilleures universités de Tokyo. Il ne parle pas anglais. Il l'a appris, dit le comprendre, mais ne parvient pas à tenir une conversation basique.

- Quand je me rends dans les bureaux régionaux rencontrer les équipes de vente, il arrive que l'on me présente LA personne qui parle anglais dans le bureau (pour environ 80 personnes par bureau). Mise en avant face à l' étranger que je suis, comme une bête de foire qu'on exhibe fièrement, c'est souvent un jeune, qui a passé quelques temps à l'étranger (une rareté) et qui parle un anglais parfois très moyen mais à des années lumières de ses collègues qui ne parlent littéralement pas. S'en suit souvent une présentation par ladite bête de foire, qui commence en anglais pour faire honneur à l'invité (sous les ouh, les ahh, et les ricanements nerveux et admiratifs des collègues) pour ensuite continuer les 9/10ième de la présentation en japonais pour que tout le monde puisse suivre.

Les employés qui le souhaitent peuvent prendre des cours d'anglais au travail. Certains sont motivés, pas la majorité.

M. Nishimura est donc dans la norme et cela ne nous étonnerait pas qu'il ne puisse en effet pas communiquer en anglais au dela du jargon d'arbitrage.

Pour un pays dont l'avenir repose sur l'ouverture vers l'extérieur, c'est assez alarmant.